Radicale

Claudette Brunet-Léchenault est radicale. De gauche. Comme son père, le sénateur France Léchenault, auquel François Mitterrand vint rendre hommage dans son village de Bouzeron à la fin des années quatre-vingt. Mais là s’arrête la comparaison.
La place d’une fille;
Car Claudette Brunet-léchenault n’est pas une « héritière ». Enseignante de formation, elle est entrée en politique par la petite porte, et contre la volonté de son père. « Toutes les étapes de mon parcours, je les ai faites contre la volonté de mon père, qui devait penser que ce n’était pas la place d’une fille. Mais quand j’étais adolescente, je ne m’intéressais pas à la politique » raconte la vice-présidente du Conseil général. Les temps ont changé. En trente ans de vie publique, Claudette Brunet-Léchenault est devenue « incontournable » à gauche dans le département. Élue conseillère municipale de Bouzeron en 1977, elle a été sollicitée par Pierre Joxe en 1986 pour figurer sur la liste PS-MRG aux régionales. « On est venu me chercher parce que je portais le nom de mon père, et parce qu’à cette époque, il y avait peu de femmes au PS » relativise-t-elle. Deux ans plus tard, toujours contre l’avis de France Léchenault, elle se porte candidate aux élections cantonales à Chagny. Elle a face à elle un socialiste, et pas n’importe lequel : Daniel Malingre, maire du chef-lieu, conseiller à la Cour des comptes. Elle le coiffe au poteau au premier tour, et signe alors, sans le savoir, un très long bail sur les bancs de l’assemblée départementale.
2014 ?;
Aujourd’hui, Claudette Brunet-Léchenault, qui n’est plus la seule femme dans l’hémicycle, occupe le fauteuil de deuxième vice-présidente, chargée de l’aménagement du territoire. Durant seize ans, elle a partagé son énergie entre le Conseil général et le Conseil régional. Un mandat qu’elle a dû abandonner, évincée par le PS en 2004, lequel ne lui aurait pas pardonné sa candidature aux législatives contre un socialiste deux ans plus tôt… Maire de Bouzeron de 1995 à 2001, présidente de la délégation aux droits des femmes du Conseil économique et social dans les années quatre-vingt-dix, elle est aussi vice-présidente du PRG, bras droit de Jean-Michel Baylet.
Son regret ? N’avoir jamais été parlementaire. Mais il y aura des sénatoriales en 2014.
J.-Ph. C.
Article extrait du Journal de Saône-et-Loire du lundi 29 septembre 2008.